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La propreté

L’arrêt des couches est souvent vécu comme un enjeu stressant pour les familles, d’autant plus lorsque l’échéance de la première rentrée scolaire approche et, où il est demandé à l’enfant d’être propre. C’est pourtant une étape qu’il faut désacraliser et aborder avec sérénité : en premier lieu, parce que chaque enfant, à son rythme, finira par être propre (sauf pathologie neurologique exceptionnelle), ensuite parce qu’on ne refuse pas l’entrée d’un enfant à l’école sous prétexte qu’il lui arrive quelques accidents.

En moyenne, un enfant est propre aux alentours de 30 mois la journée bien que les accidents soient encore fréquents et tout à fait normaux, surtout lors des phases de jeux intenses, où il « oublie » son envie. La propreté nocturne n’arrivera, quant à elle, que bien plus tard : vers 3 ou 4 ans.

 

Quand y penser

La propreté n’est pas un apprentissage mais une acquisition. Il ne sert à rien de mettre trop tôt un enfant sur le pot car il n’est pas en capacité de contrôler ses sphincters : la vessie se vide mécaniquement lorsqu’elle est pleine, de même que le sphincter du rectum se dilate sous la pression des selles.

couches vs potCe n’est qu’entre 18 mois et 2 ans que l’enfant devient en capacité de maîtriser lui-même la fonction d’excrétion et en retire même un certain plaisir. On appelle cette période de la vie « le stade anal ».

Certains signes sont révélateurs et montrent que l’enfant est prêt à être accompagné vers la propreté :

•  Il éprouve une gêne quand sa couche est sale
•  Il exprime lui-même « pipi » ou « caca »
•  La couche est souvent sèche (signe qu’il commence à se retenir)
•  Il est dans le jeu symbolique (il imite son entourage et reproduit les scènes quotidiennes de la maison)
•  Il est d’accord pour enlever sa couche et s’assoir seul sur le pot
•  Il sait s’accroupir, s’assoir seul, monter et descendre les escaliers.

Il ne peut toutefois pas assimiler du jour au lendemain la façon de faire aux toilettes. Il va falloir lui expliquer comment faire et l’accompagner le temps qu’il maîtrise parfaitement son geste.

 

En pratique

L’acquisition de la propreté se fait avant tout dans la tête, il ne faut surtout pas en faire un enjeu car l’enfant risquerait d’en jouer et de faire ou de ne pas faire dans un seul esprit d’opposition. S’il ne souhaite pas aller sur le pot, n’insistez pas, c’est qu’il n’est pas encore prêt. Vous lui proposerez à nouveau l’expérience plus tard. Le comparer aux autres ne sert à rien. De la même façon, les récompenses, applaudissements et félicitations exagérées ne l’aident pas : elles rendent l’échec encore plus difficile. Gardez à l’esprit qu’il ne fait pas ça pour vous faire plaisir ni pour obtenir une récompense mais pour grandir et acquérir plus d’autonomie.

Il faut choisir le bon moment. C’est un changement important dans sa vie, il ne peut donc pas y en avoir d’autres en même temps : ne démarrez pas hors de votre domicile, au milieu d’un déménagement, lors de l’entrée en crèche, au moment d’arrêter la tétine ou le biberon, etc.

Choisissez un pot adapté à sa taille (ses pieds doivent toucher le sol), stable, pas trop lourd pour qu’il puisse lui-même verser son contenu dans les toilettes et le plus simple possible (ce n’est ni un jouet ni un gadget). Vous pouvez également choisir un réducteur de cuvette mais il vous faudra alors l’accompagner à chaque fois.

Bébé au potPlacez ce pot dans les toilettes pour qu’il comprenne la fonction de cette pièce et tirez la porte pour lui ménager un peu d’intimité. La pudeur est très importante pour un enfant, une mise en scène au milieu de la pièce ou devant toute la famille serait vecteur de stress et pourrait le bloquer.

Expliquez-lui qu’il peut y aller lorsqu’il en ressent le besoin, parlez-lui clairement, avec des mots à sa portée et faciles à comprendre. Lorsque vous voyez à ses grimaces qu’il est en train ou a envie de faire, conduisez-le au pot rapidement. Il lui est encore difficile de se retenir dans les premiers temps, aussi facilitez-lui les choses en lui mettant des vêtements faciles à enlever.

S’il n’a pas réussi à se retenir ou s’il y a une rechute après quelques jours, ne le grondez pas et ne dramatisez pas car s’il se sent sous pression il aura plutôt tendance à régresser. Il doit pouvoir aller à son rythme. Encouragez-le plutôt à être autonome et à changer seul ses vêtements souillés.

Instaurer une routine est souvent bénéfique car le corps est réglé pour déféquer à la même heure ; prévoyez un laps de temps suffisant pour qu’il ne se sente pas pressé mais ne le laissez pas plus de dix minutes dessus. S’il n’en a pas le besoin, il fera plus tard, il ne doit pas trouver ce rituel contraignant au risque de rejeter totalement le pot.

Enfin, soyez toujours très attentif aux réactions de votre enfant. Il perçoit ses selles comme une partie de son corps, aussi a-t-il l’impression de perdre une partie de lui-même quand il va sur le pot, et, jeter une partie de lui-même par la suite dans les toilettes peut être extrêmement angoissant. S’il a peur de la chasse d’eau ne le forcez pas à regarder et verbalisez toujours.

Lorsque l’habitude du pot sera bien ancrée, apprenez-lui très vite à s’essuyer correctement, de l’avant vers l’arrière, pour qu’il garde cette habitude à l’école où il sera moins surveillé lorsqu’il ira aux toilettes. Cela lui permettra d’éviter les infections.

 

La propreté nocturne

Il est plus difficile de contrôler ses sphincters en dormant. Qui plus est, se lever la nuit pour aller aux toilettes est parfois effrayant. Pour l’aider à vaincre son appréhension, éclairer le chemin jusqu’aux toilettes ou mettre une veilleuse et un pot à côté de son lit peuvent être des solutions. Préférez également un pyjama facile à baisser afin qu’il n’ait pas de difficulté à l’ôter dans l’urgence. Dans tous les cas, ne le grondez pas en cas d’accident.

 

Conclusion

La propreté est une acquisition que chacun doit aborder à son rythme. Faites confiance à votre enfant et accompagnez-le vers l’autonomie sans stress et sans en faire un challenge personnel.

Dr Joseph AROULANDOM

Dr Joseph AROULANDOM

Pédiatre

Chef de Clinique Assistant

Service de Nutrition et Gastroentérologie Pédiatriques

Hôpital Trousseau – Assistance Publique des Hôpitaux de Paris

Site web : http://nutritiongastro-trousseau.aphp.fr

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