Reprise du titre de la page

La mort inattendue du nourrisson

et la mort subite du nourrisson

On ne parle plus seulement aujourd’hui de « mort subite du nourrisson » (MSN) mais aussi de « mort inattendue du nourrisson » (MIN). Quelle différence ?

La mort subite du nourrisson se définit par le décès brutal d’un enfant de moins d’1 an, bien portant, restant inexpliquée après examens approfondis des lieux et de l’enfant. La mort inattendue du nourrisson englobe tous décès survenant chez un enfant de moins de 2 ans pour lequel l’état de santé ne le laissait pas prévoir.

L’expression mort inattendue du nourrisson est donc plus large et englobe tous les décès d’enfants de moins de 2 ans en bon état de santé apparent, avant l’examen post-mortem précis de l’enfant et du lieu de survenue du décès. Une fois ces examens réalisés, certains décès trouvent une explication et ne sont alors pas classifiés dans les morts subites du nourrisson.

  

Epidémiologie

Le nombre de morts inattendues du nourrisson a diminué de manière spectaculaire depuis le début des années 1990, notamment grâce aux campagnes de prévention lancées à cette époque pour promouvoir le couchage du nourrisson sur le dos.

Aujourd’hui, les chiffres restent constants : environ 400 MIN par an dont 250 MSN (244 répertorié en 2008 en France).

La mort subite du nourrisson reste à ce jour la troisième cause de décès des enfants de moins d’1 an après les infections périnatales et les malformations congénitales. Elle est plus fréquente l’hiver et plus présente chez les garçons que chez les filles.

  

Diagnostic et causes

Le décès est dans la majorité des cas constaté par la famille, ou le professionnel en charge de la garde de l’enfant, lors d’un temps de sommeil. Lorsque l’équipe du SAMU arrive sur place, des manœuvres de réanimations sont effectuées pour tenter de sauver l’enfant. Si le décès est constaté, le nouveau-né sera transporté vers un hôpital de référence des morts inattendues du nourrisson pour essayer de déterminer les causes du décès. La prise en charge de l’enfant et de sa famille s’effectue alors par des professionnels formés, dans le respect de l’enfant et de sa famille. Bien qu’un certain nombre d’actes médicaux vont devoir être réalisés, les parents ont bien évidemment le temps d’accompagner leur enfant dans l’intimité du cercle familial, sans la présence de médecins.

Le diagnostic de la mort subite du nourrisson se fait par l’exclusion de toutes autres causes. Pour cela plusieurs examens sont recommandés par la Haute Autorité de Santé (HAS) :

•  Un examen clinique approfondi (poids, taille, température corporelle, etc.)

•  Un fond d’œil (examen ophtalmologique) pour écarter le syndrome du bébé secoué.

•  Des examens sanguins (bactériologique, virologique, toxicologique, etc.) pour exclure toute pathologie infectieuse ou ingestion de médicaments.

•  Une imagerie cérébrale et des radios du corps pour vérifier l’absence de maltraitance

 

Enfin, une autopsie est proposée. Elle n’est pas obligatoire mais sans elle, le diagnostic de mort subite ne pourra pas être posé. Si elle n’est pas ou n’a pas pu être réalisée on parlera alors de mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN).

 

Tous ces examens sont réalisés dans le respect de l’enfant, avec les mêmes précautions d’hygiène et le même accompagnement que pour un enfant vivant. Le médecin référent se chargera d’informer la famille au fur et à mesure de l’arrivée des résultats et le corps sera remis à la famille dans son intégrité, sans marque visible de l’autopsie.

Le décès d’un nouveau-né est souvent le résultat de plusieurs facteurs concomitants et les morts subites du nourrisson restent un phénomène inexpliqué ; toutefois toutes les investigations réalisées permettent de retrouver une cause à certains décès :

•  Les causes naturelles : infections bactériennes ou virales, malformations congénitales, pathologie cardiaque ou respiratoire, etc.

•  Les accidents et les actes de maltraitance (accident domestique dû à un mauvais couchage, co-sleeping, bébé secoué, homicide, etc.).

 

Si on n’identifie pour le moment pas les causes de la MSN, certains facteurs de risque sont en revanche clairement identifiés :

•  Le couchage sur le ventre
•  Les conditions de couchage (tour de lit, couette, oreiller, couvertures, peluches, etc.)
•  Le co-sleeping (co-dodo)
•  Le tabagisme des parents
•  Une température de la chambre trop élevée
•  La prématurité 
•  Un faible poids de naissance
•  La période hivernale.

  

Prévention de la mort inattendue du nourrisson

La prévention de la mort inattendue du nourrisson passe surtout par l’éducation des familles (lire l’article sur le lit) :

La première notion à avoir en tête est qu’un enfant doit toujours être couché sur le dos. Le couchage ventral même s’il semble être plus confortable pour un enfant multiplie par 15 le risque de MIN.

Il est important que l’enfant se développe dans un environnement sans tabac.

Il faut que l’enfant puisse avoir son propre lit, car le co-sleeping (co-dodo) entraîne un risque important de chute et d’enfouissement dans la couette ou l’oreiller.

La température de la pièce dans laquelle l’enfant dort ne doit pas excéder 20°C

Choisissez un berceau à barreaux avec un matelas ferme et adapté à la taille du lit, sans tour de lit, oreiller, couverture, peluche ou cale-bébé pour éviter que le nouveau-né ne puisse s’enfouir le visage dedans et s’étouffer.

Un enfant n’a besoin que d’un pyjama et d’une gigoteuse pour dormir, il est parfaitement inutile de le border dans une couverture dans laquelle il pourrait s’asphyxier.

Les morts inattendues du nourrisson restent rares, et ces recommandations, si elles sont appliquées, suffisent à prévenir des morts dites « évitables ». De nombreux appareils de sécurité ont fait leur apparition, surfant sur la peur de la MSN, mais ne sont pas validés par les autorités médicales et ne doivent pas entraîner de dérives. Les webcams, capteurs de fréquences cardiaques et autres, ne sont donc d’aucune utilité.

  

Suivi de la fratrie

Un cas de mort subite dans une famille ne signifie pas que les autres enfants nés ou à naître sont plus à risque de présenter également une MIN. Toutefois des examens sont classiquement réalisés pour rassurer les parents et écarter toute pathologie congénitale.

 

Pour en savoir plus :

Lire l’article sur le Lit

Dr Joseph AROULANDOM

Dr Joseph AROULANDOM

Pédiatre

Chef de Clinique Assistant

Service de Nutrition et Gastroentérologie Pédiatriques

Hôpital Trousseau – Assistance Publique des Hôpitaux de Paris

Site web : http://nutritiongastro-trousseau.aphp.fr

Dossier

Les Tutos vidéos de Daddylemme

Les Tutos vidéos de Daddylemme

Retrouvez les tutoriels vidéo de Daddylemme ! Activité manuelle, astuce, recette, jeux, etc.

Parer aux maladies hivernales

Parer aux maladies hivernales

Le rhume, la gastro-entérite, l'angine, la grippe ou la bronchite sont autant de maladies, souvent bénignes, qui peuvent passer sans avoir recours aux antibiotiques.

Mon enfant a peur du noir

Mon enfant a peur du noir

La crainte du noir, chez l’enfant, est universelle. Au même titre que la peur de l’étranger, la peur de l’eau , ou la peur de la mort…

Compote pommes, banane à la cannelle

Recettes

Compote pommes, banane à la cannelle

  Ingrédients : 4 Pommes 1 Banane 1 Pincée de cannelle   Epluchez et coupez vos fruits. Enlevez les [...]