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L’allaitement maternel

Comparaison lait de femme/lait de vache

Le lait de femme est parfaitement adapté à l’alimentation du nourrisson car sa composition évolue au fur et à mesure de la croissance et au cours même de la tétée. Chargé des anticorps de sa mère, l’allaitement maternel contribue probablement au développement du système immunitaire de l’enfant et le protège ainsi des premières infections. C’est aussi une manière pour l’enfant et sa mère de prolonger le lien instauré pendant la grossesse et de créer les bases d’une relation de sécurité.

Mais l’allaitement maternel est, et doit avant tout rester, un choix de la mère. Il ne doit souffrir d’aucun effet de mode, influence familiale, ou encore culturelle au risque de mettre en échec tout le processus. Aujourd’hui, les laits infantiles commercialisés en grande distribution ont les mêmes qualités nutritionnelles et sont encadrés par une législation très stricte, c’est pourquoi il ne faut jamais culpabiliser une femme n’ayant pas le désir d’allaiter. Un biberon donné avec envie sera nettement plus bénéfique à l’enfant qu’un sein proposé avec réticence. Dans tous les cas, ce choix doit toujours être accompagné par des professionnels de santé car il ne s’improvise pas.

Le lait de vache que boivent les adultes n’est pas adapté à un enfant de moins de 3 ans, même dilué :

– Il contient moins de calories, ce qui Laitdevacherisque d’entraîner une dénutrition chez le nourrisson

– Il est trois fois plus riche en protéines que le lait de femme

– Il contient plus d’acides gras saturés et presque sept fois moins d’oméga 6 et 1,5 fois moins d’oméga 3, indispensables pour les cellules nerveuses et la croissance cérébrale

– Il est trop riche en sodium, potassium et phosphore, et a contrario n’apporte pas assez de vitamines.

Les difficultés financières, au vu des prix très élevés des laits infantiles, Problemefinancierne doivent pas obliger une femme qui n’en aurait pas le désir à allaiter. Plutôt que de faire le choix du lait de vache pour adultes par nécessité, rendez vous dans la PMI de votre secteur qui pourra vous donner un lait infantile adapté et vous orienter vers des associations afin de vous aider.

En cas d’allaitement maternel exclusif, une supplémentation en vitamine K par voie orale chez l’enfant sera à réaliser afin de prévenir une maladie hémorragique.

Mise en route de la lactation

Pendant la grossesse, la poitrine se modifie progressivement :

L’aréole va augmenter de volume et se colorer pour permettre au nouveau-né, qui repère plus facilement les contrastes, de trouver seul le sein de sa mère

– Les glandes sébacées du pourtour du mamelon (tubercule de Montgomery) vont se mettre à sécréter une substance légèrement huileuse qui a des vertus cicatrisantes pour le sein mais a surtout une odeur qui éveille l’appétit de l’enfant

– Enfin, vous verrez apparaître de Allaitementnouveaux vaisseaux sanguins sur la poitrine car l’augmentation du débit sanguin entraînera une augmentation de la chaleur (33°C initialement jusqu’à 35°C) qui a pour vocation de permettre à l’enfant de se réchauffer au contact du sein de sa mère.

C’est donc la grossesse qui provoque une modification physique de la poitrine par une répartition différente des graisses, pas l’allaitement.

La fabrication du lait va démarrer vers le 6ème mois de grossesse avec l’apparition du colostrum, une substance riche en eau, protéines et sels minéraux qui sera sécrété environ jusqu’au 3ème jour après l’accouchement.

La sécrétion de prolactine (hormone qui conduit au processus de lactation) démarre à l’accouchement, au moment de l’ablation du placenta et est plus élevée la nuit, ce qui explique pourquoi la première montée de lait arrive fréquemment la deuxième ou troisième nuit en relais du colostrum. Pour éviter toute difficulté et développer une quantité de lait suffisante, laissez l’enfant boire autant qu’il le souhaite cette nuit-là car c’est la succion de l’enfant qui va entraîner la production de lait. Plus l’enfant tête et plus il y aura de lait.

Le colostrum suffit parfaitement à un nouveau-né à terme et en bonne santé avant la première montée de lait. Il n’est pas nécessaire de donner un complément de lait artificiel même si la quantité produite vous paraît infime. ComplémentalimentaireVotre enfant ne risque pas d’hypoglycémie. En revanche, lui donner ce complément serait délétère à la mise en place de l’allaitement maternel. L’estomac plein, l’enfant ne réclamera pas le sein, aura une succion moins efficace et la production de lait ne s’enclenchera pas. Autre risque, donner un unique biberon à base de lait de vache avant de poursuivre par un allaitement maternel exclusif durant plusieurs mois multiplie les risques d’allergie aux protéines de lait de vache par la suite. Si un complément est vraiment nécessaire à la maternité et que vous souhaitez allaiter de manière exclusive par la suite, il faut donner un hydrolysat de protéines de lait de vache (lait sans protéines de lait de vache).

Idées reçues sur l’allaitement maternel

Certaines idées reçues peuvent freiner l’allaitementConseilpédiatre maternel. En premier lieu, allaiter n’est pas inné, déculpabilisez votre femme et dites-lui de demander conseils à des professionnels en cas de difficultés à la mise en route, sécrétion de lait moins abondantes, crevasses, douleurs, engorgement, sevrage, etc. La maternité, la PMI, le pédiatre et les consultantes en lactation sont à sa disposition pour lui prodiguer toute l’aide nécessaire.

L’allaitement ne demande pas de régime particulier de la part de la mère, hormis l’arrêt de la consommation de tabac et d’alcool. N’écartez pas certains aliments comme les épices, le choux, etc. pour des idées reçues. Si votre femme en consomme, votre enfant ne sera pas plus ballonné, en revanche, son lait aura un goût différent mais sans aucune gêne pour le nourrisson car le liquide amniotique aussi prend l’odeur de ce que la mère mange. Boire plus d’eau ne fera pas non plus produire plus de lait.

Elle peut tout à fait allaiter si elle est malade ou présente une maladie chronique, beaucoup de médicaments sont compatibles avec la grossesse et l’allaitement. Elle doit demandez l’avis de son médecin.

Enfin, n’oubliez pas que la reprise du travail ne vous oblige pas à arrêter l’allaitement. La législation française prévoie que l’employeur fournisse au moins une heure par jour par personne allaitante.

Difficultés de l’allaitement

Douleurs : En grande majorité la douleur est due à une mauvaise position de la mère ou de l’enfant. Veillez toujours àAllaitementposition ce quelle soit confortablement installée lorsqu’elle allaite, et gardez en tête un principe : quelle que soit la position qu’elle décide d’adopter, le ventre de l’enfant doit être plaqué contre le sien et sa tête alignée avec son corps.

– Le réflexe d’éjection trop fort : Il est souvent méconnu parce qu’on ne s’en aperçoit pas toujours. Le lait s’écoule en jet trop puissant que le nourrisson n’arrive pas à gérer. Ce qui doit vous alerter : une sensation de tension dans les seins, un nouveau-né qui refuse d’ouvrir la bouche ou qui présente une déglutition très sonore, se met à tousser, lâche le sein, a du lait à la commissure des lèvres.

Remédier à ce problème est simple, il faut que votre femme fasse sortir elle-même le premier jet de lait à la main, arrête plusieurs fois pendant la tétée pour laisser l’enfant faire un rot, et s’installer en s’inclinant légèrement vers l’arrière, cela ralentira le flux.

– Production de lait insuffisante : Elle s’explique très rarement par un défaut anatomique. Dans la plupart des cas il s’agit seulement d’une mauvaise pratique de l’allaitement, mais il peut aussi s’agir aussi d’un défaut d’alimentation de la mère (régime alimentaire trop restrictif), de la prise de médicaments, d’une rétention placentaire, etc. Ou chez l’enfant, il peut s’agir d’une mauvaise position de la langue, d’une confusion sein/tétine, d’un enfant trop endormi, d’une mycose buccale, etc. De très nombreux facteurs peuvent rentrer en compte. En conséquence, le nourrisson  ne prend pas assez de poids, émet peu d’urine, a des selles sèches. Dans tous les cas, il faut augmenter le nombre de tétées et chercher la cause du problème.

Certains traitements homéopathiques, Homéocertains aliments(fenouil, Ovomaltine®, fenugrec), et certains médicaments comme la dompéridone (mais en dernière intention) pourraient aussi augmenter la quantité de lait. Demandez conseils à un professionnel de santé.

– Les crevasses : C’est une déchirure de la peau presque toujours induite par une mauvaise position de l’enfant au sein. C’est la première chose à corriger. Ensuite il faut faire attention aux produits de toilettes que votre femme utilise qui assèchent peut-être trop sa peau, et avoir une bonne hygiène pour ne pas surinfecter les plaies. En fin de tétée, elle peut masser son sein avec quelques gouttes de lait maternel car il a un effet protecteur et cicatrisant ; mais si la crevasse est trop importante, elle peut appliquer une crème cicatrisante adaptée à la pratique de l’allaitement et utiliser des bout de seins en silicone le temps de la guérison.

– L’engorgement : Ses seins sont douloureux, rouges, durs au toucher et peuvent être associés à une fébricule (légère fièvre). En premier lieu, elle peu soulager la douleur avec du paracétamol, puis appliquer des compresses froides sur le sein, mais jamais sur l’aréole. 

AllaitementJuste avant l’allaitement, elle peut prendre une douche chaude, cela facilitera l’excrétion, et faire des tétées rapprochées. Votre enfant est le meilleur stimulant pour évacuer le lait mais s’il dort ou n’est pas en demande, votre femme peut faire sortir son lait manuellement par un massage aréolaire qui sera plus efficace que le tire-lait.

– Candidose mammaire : Le mamelon est sec, prurigineux (il gratte), parfois luisant, et votre femme ressent une brûlure pendant la tétée.L’arrêt de l’allaitement n’est pas nécessaire. Son médecin pourra lui prescrire un antifongique local et pourra traiter votre enfant en même temps.

– Le spasme du mamelon : Il s’agit d’un réflexe de morsure de la part de l’enfant. Il va passer en grandissant, introduire doucement un doigt dans sa bouche pour le faire lâcher prise.

– La mastite : C’est une infection bactérienne se caractérisant par une rougeur et une douleur locales associées à un syndrome grippal. Il est préférable de poursuivre l’allaitement, même du coté infecté, car le contraire pourrait favoriser l’apparition d’un abcès. Cela ne présente aucun risque pour l’enfant. Comme pour un engorgement, la guérison passe par un drainage du sein, des tétées fréquentes, l’extraction manuelle par massage aréolaire, et l’application de compresses chaudes sur le mamelon soulagera rapidement les symptômes. Le repos au lit aidera également à combattre l’infection. Si aucune amélioration n’est constatée dans les 24h, une antibiothérapie compatible avec la poursuite de l’allaitement sera à discuter avec le médecin.

– L’abcès : C’est une des complications de la mastite. On retrouve les mêmes symptômes auxquels s’ajoute l’apparition de pus mêlé au lait. Dans ce cas précis, il est préférable de suspendre l’allaitement du coté infecté et d’extraire manuellement le lait. Il faut consulter le médecin afin de discuter de la nécessité d’un drainage chirurgical de l’abcès et d’une antibiothérapie.

Dr Joseph AROULANDOM

Dr Joseph AROULANDOM

Pédiatre

Chef de Clinique Assistant

Service de Nutrition et Gastroentérologie Pédiatriques

Hôpital Trousseau – Assistance Publique des Hôpitaux de Paris

Site web : http://nutritiongastro-trousseau.aphp.fr

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