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La dysphasie chez l’enfant

 

A quoi est-elle associée ?

 

Bien que la dysphasie touche spécifiquement le langage, d’autres domaines sont aussi fréquemment touchés. Cependant, bien que l’association soit fréquente, il arrive que le trouble du langage soit isolé.

 

Le langage écrit

La grande majorité des enfants dysphasiques souffrent de trouble au niveau du langage écrit. Ils vont avoir du mal à apprendre à lire, à orthographier. Et lorsqu’ils sauront à peu près décoder, leur lecture pourra longtemps rester lente et émaillée d’erreurs. Leur orthographe sera encore plus souvent touchée : ils écriront ce qu’ils disent, et ainsi le mot « merci » prononcé /marci/ sera écrit « marci ». Les difficultés orales au niveau de la syntaxe se retrouveront en grammaire. Enfin, la compréhension de la lecture sera très souvent atteinte.

 

Mémoire

Les difficultés de mémoire à court terme verbale sont quasi constantes chez les enfants dyphasiques qui ont du mal à retenir une suite de chiffres ou de mots pour la redonner juste après. Cette mémoire est indispensable dans bon nombre d’apprentissages. Ainsi, les enfants dysphasiques auront du mal à retenir toutes les suites automatiques, telles que la comptine numérique, les jours de la semaine, l’alphabet, les mois de l’année …

 

Graphisme et praxies

Apprentissage écritureLes praxies sont des gestes réalisés dans un but précis. Il existe de nombreuses praxies, comme celle de l’écriture, du découpage, de l’habillage, etc … Il arrive donc que les enfants dysphasiques aient des difficultés pour réaliser certains gestes de la vie quotidienne. Les troubles du graphisme et de l’écriture sont très fréquents chez ces enfants et peuvent s’observer dès l’école maternelle : ils n’aiment pas dessiner, ne colorient pas volontiers et quand ils le font, c’est de manière approximative. Ensuite, l’écriture sera difficile à acquérir et leur écriture, par la suite, peut être illisible.

 

Mathématiques

De nombreuses études montrent un lien entre langage et mathématique. On parlera alors de dyscalculie secondaire lorsque les enfants dysphasiques éprouvent des difficultés pour effectuer certaines tâches qui relèvent des mathématiques, comme le dénombrement, la réalisation rapide de petites opérations, la compréhension de la dizaine… Par la suite, la résolution de problèmes qui dépend de la compréhension de la lecture pourra s’avérer complexe pour certains de ces enfants.

 

Agitation/trouble de l’attention

Les troubles de l’attention et de la concentration ainsi que l’hyperactivité motrice sont aussi plus fréquents chez les enfants dysphasiques, surtout lorsqu’ils sont jeunes. On retrouvera alors les symptômes décrits dans le TDAH (Trouble De l’Attention avec ou sans Hyperactivité) : difficultés d’attention, agitation motrice et impulsivité. Par ailleurs, ces enfants qui mobilisent beaucoup de leurs ressources dans les tâches les plus quotidiennes, comme parler ou comprendre peuvent se montrer inattentifs car leurs ressources ne sont plus disponibles.

 

faire semblantFonction symbolique

La fonction symbolique comprend l’imitation différée et les jeux de faire-semblant. Les jeux des enfants dysphasiques sont souvent pauvres. Le jeu de faire-semblant apparaît tardivement.

 
 

A quoi est-elle due ?

 

La cause de la dysphasie est encore mal connue. Les chercheurs s’accordent à penser qu’il y a d’ailleurs plutôt des causes qu’une cause et une seule. Ainsi, l’origine serait multifactorielle, à la fois génétique et environnementale.

Il est clair qu’un facteur héréditaire est en cause. Un enfant avec des antécédents familiaux de dys a plus de risques de développer une dysphasie, ce qui prouve l’origine génétique.

Les causes environnementales sont diverses mais on peut citer la présence d’otites séreuses, qui est un facteur de risque de développer un trouble sévère du langage oral chez un enfant déjà à risque familial.

L’environnement et la génétique vont avoir une influence sur le développement du cerveau et les connexions entre les neurones, ce qui peut expliquer la dysphasie.

 
 

Comment la diagnostiquer ?

 

Le diagnostic est difficile car :

L’acquisition du langage est très inégale d’un enfant à un autre. Il existe une grande variabilité chez les enfants tout-venants. Ainsi, en l’absence de toute pathologie, à 11 mois, les mots dits par les enfants vont de 0 à 52 mots, avec une moyenne de 6 mots. On sait aujourd’hui que 30 à 50% des enfants parleurs tardifs à 2 ans ne développeront pas de troubles par la suite. Chez ces parleurs tardifs, on peut parler de retard de langage : le langage est plus lent à se mettre en route, les enfants sont décalés dans le temps mais ils peuvent au bout de quelques mois, voire un ou deux ans, rattraper les enfants de leur âge. Par contre, ce qu’on ne sait pas, c’est quels enfants deviendront dysphasiques, et quels sont ceux qui n’auront pas de trouble. C’est pour cela que les professionnels attendent de voir l’évolution avant de poser le diagnostic chez un enfant jeune.

Il n’existe pas d’examen objectif : on ne peut pas faire une prise de sang ou une IRM qui nous indiquerait à coup sûr que l’enfant dysphasique. Le diagnostic repose sur des évaluations comportementales sujettes à des interprétations par des professionnels formés, certes mais qui restent subjectives.

Les troubles associés et les causes originelles de trouble sont aussi difficiles à objectiver. Ainsi, une agitation importante chez un petit peut gêner l’administration de tests. Par ailleurs, pour certains auteurs, il existe la possibilité de poser un diagnostic de dysphasie chez des enfants souffrant de surdité, par exemple, lorsque la pathologie ne devrait pas induire de trouble aussi important.

Le diagnostic doit se faire par exclusion. On doit exclure toutes les autres causes possible de trouble du langage, cf. plus haut. Il nécessite donc au minimum un bilan orthophonique qui va objectiver et caractériser le trouble, un examen psychologique afin de tester l’efficience intellectuelle, un audiogramme pour attester de l’acuité auditive. Ces examens doivent montrer que l’enfant n’a pas de déficience auditive et est normalement intelligent, au moins dans les épreuves ne faisant pas intervenir le langage. Des examens complémentaires seront parfois nécessaires.

 
 

Comment la dépister ?

 

On l’a dit, les différences interindividuelles concernant l’acquisition du langage sont importantes. Les signes qu’on peut relever montrent qu’il y a un problème au niveau du langage, mais pas d’où vient le problème. Ce qui signifie que les signes ne seront pas particuliers à la dysphasie et qu’ils pourront se retrouver dans d’autres pathologies langagières secondaires, notamment (toutes celles qu’on a citées, plus haut).

Voici donc un lien vers le site mis en place par la Fédération Nationale des Orthophonistes qui répertorie ces signes d’appel : www.info-langage.org/res-quandsinquieter.html.

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Fany Wavreille

Fany Wavreille

Orthophoniste

Après plus de 10 ans en centre de référence des troubles des apprentissages, je travaille aujourd’hui dans au CRESN à Noisy le Grand (93), qui accueille à la fois des enfants sourds et des enfants dysphasiques.

Je suis également formatrice : je propose des formations pour les orthophonistes en formation continue.

Je donne des cours à des étudiantes en orthophonie à la faculté d’Amiens.

Je suis maître de stage, maître de mémoire et je participe régulièrement à des jurys de mémoires de 4e année.

Mon blog plutôt destiné aux professionnels mais avec une rubrique pour les parents : fany.eklablog.com.

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