Reprise du titre de la page

La bronchiolite du nourrisson

S’il existe bien un épisode infectieux redouté des parents, c’est assurément la bronchiolite. En effet les nourrissons, comme tous les petits de moins de deux ans sont la cible privilégiée de cette infection virale due au virus respiratoire syncytial ou VRS.

Cette infection est saisonnière, fin de l’automne et début de l’hiver. Elle évolue de façon épidémique surtout en collectivité mais n’épargne cependant pas les nourrissons dont les frères et sœurs sont en milieu scolaire. Elle est très contagieuse.

Le premier signe sera un simple rhume qui se complique très vite d’une gêne respiratoire caractérisée par une respiration rapide, pouvant atteindre 20 à 30 respirations par minute, accompagnée de sifflements.

nounours enfant maladeLa toux est constante, au moins au début. L’enfant lutte pour respirer : on peut ainsi constater en phase aigüe, à l’inspiration, un creusement au-dessous du diaphragme ou au-dessus des clavicules, voire un pincement des ailes du nez.

La cause de ces symptômes est une inflammation des bronches les plus étroites, les bronchioles, qui sécrètent des mucosités. La réduction du diamètre de ces bronchioles, induite par l’inflammation et leur encombrement, rend compte de la gêne respiratoire constatée.

La fièvre peut être absente en dehors d’une surinfection par une bactérie, elle est en règle générale, modérée.

L’intensité des symptômes et le terrain sur lequel évolue cette bronchiolite vont être déterminants dans la prise en charge de cette infection.

 

L’hospitalisation est quelquefois nécessaire

 

Un rythme respiratoire élevé (entre 20 et 30 par minute), un rythme cardiaque trop rapide (plus de 120 pulsations par minute), une toux en rapport avec l’encombrement qui gêne à la prise des repas, l’association à des vomissements ou à une diarrhée seront autant de signes qui feront discuter une hospitalisation.

Cette hospitalisation sera indispensable si le nourrisson a moins de six semaines, s’il est porteur d’un problème cardiaque ou respiratoire antérieurement connu, ou s’il est né prématurément.

Il en sera de même s’il semble difficile de mettre en place une prise en charge vigilante à domicile de la part des parents et des thérapeutes, dont les kinésithérapeutes.

kiné respiratoireEn effet, la kinésithérapie respiratoire joue un rôle important dans le traitement de la bronchiolite aiguë du nourrisson. Elle doit être pratiquée par un kinésithérapeute formé à ce traitement et suivant un protocole précis.

Effectivement, il convient de faciliter l’expiration des sécrétions qui stagnent dans les bronches après avoir bien dégagé les voies aériennes supérieures par des lavages de nez efficaces.

Ces soins de kinésithérapie seront quotidiens voire bi-quotidiens mais pratiqués à distance des repas surtout chez les enfants, nombreux, qui ont des régurgitations.

Si l’enfant n’est pas amélioré par la séance de kinésithérapie, il faudra se poser la question d’une aggravation de l’encombrement provoqué par la réactivation de ce reflux gastrique lors des manœuvres de drainage bronchique.

En cas d’hospitalisation, les soins seront guidés, entre autre, par la mesure du taux d’oxygène dans le sang grâce à un palpeur placé par exemple sur le doigt de l’enfant.

Ces soins associeront kinésithérapie respiratoire sauf en cas d’extrême fatigue du nourrisson, aspiration des sécrétions et au besoin mise sous oxygène.

Des précautions seront également prises : 

• Assurer une bonne perméabilité des voies aériennes supérieures grâce aux lavages avec le sérum physiologique.
•  Préserver une bonne hydratation de l’enfant au besoin par des perfusions.
•  Lutter contre une fièvre éventuelle.
•  Alimenter le nourrisson de manière fractionnée.

L’usage des bronchodilatateurs comme la Ventoline* et des corticoïdes reste à évaluer au cas par cas. Leur intérêt, discuté, comme leurs éventuels effets secondaires font qu’ils ne seront pas administrés systématiquement.

 

Prise en charge à domicile

 

Fort heureusement, beaucoup des bronchiolites du nourrisson ne justifient pas une telle prise en charge et seront traitées à domicile sur les bases suivantes :

Il faut alors pouvoir compter sur une surveillance effectuée par les parents et qui concerne :

•  Le rythme respiratoire,
•  La prise des biberons  : un enfant qui laisse, dans ce contexte infectieux, plus de la moitié de son repas trois fois de suite est potentiellement en état de gêne respiratoire sévère.

 

Les parents devront savoir pratiquer des lavages du nez efficaces et répétés avant chaque repas. Il ne s’agit pas d’introduire une mèche de coton humide dans la narine, ce qui ne sert à rien, mais bien d’instiller une à deux pipettes de sérum par prises fractionnées dans chaque narine.

Former les proches de l’enfant à cette méthode est le rôle du kinésithérapeute et du médecin.

kiné bébéIl faut pouvoir compter sur des visites quotidiennes et répétées du kinésithérapeute qui saura évaluer l’évolution de la gêne respiratoire et son éventuel retentissement sur l’état général du nourrisson. Il en référera au médecin en charge de l’enfant afin de modifier le traitement ou de décider d’ une hospitalisation.

Il faut redire que les fluidifiants bronchiques et les médicaments contre la toux sont néfastes dans ce contexte.

Il ne faut pas confondre bronchiolite et asthme : le diagnostic d’asthme du nourrisson ne sera retenu qu’après trois épisodes de bronchiolite.

 

  1. Ce qu’il faut retenir

    Maladie virale, épidémique, fréquente et très contagieuse, la bronchiolite peut se traiter à domicile lorsqu’elle est bien surveillée. Le traitement repose alors sur une bonne désinfection par lavages des voies aériennes supérieures complétée au besoin par la kinésithérapie respiratoire. Les signes d’aggravation doivent être précisés aux proches de l’enfant afin de ne pas différer une éventuelle hospitalisation. Les recherches pour un vaccin contre le VRS continuent. Avoir fait une bronchiolite ne fait pas de votre enfant un asthmatique.

 

Dr Christian de LANGHE

Dr Christian de LANGHE

Médecin généraliste

Le docteur de LANGHE a exercé pendant prés de quarante ans en région parisienne en consacrant la majorité de son activité à la Pédiatrie.

Dossier

Les Tutos vidéos de Daddylemme

Les Tutos vidéos de Daddylemme

Retrouvez les tutoriels vidéo de Daddylemme ! Activité manuelle, astuce, recette, jeux, etc.

Parer aux maladies hivernales

Parer aux maladies hivernales

Le rhume, la gastro-entérite, l'angine, la grippe ou la bronchite sont autant de maladies, souvent bénignes, qui peuvent passer sans avoir recours aux antibiotiques.

Mon enfant a peur du noir

Mon enfant a peur du noir

La crainte du noir, chez l’enfant, est universelle. Au même titre que la peur de l’étranger, la peur de l’eau , ou la peur de la mort…

Compote pommes, banane à la cannelle

Recettes

Compote pommes, banane à la cannelle

  Ingrédients : 4 Pommes 1 Banane 1 Pincée de cannelle   Epluchez et coupez vos fruits. Enlevez les [...]